Les petites manipulations du quotidien, comment ne pas mordre à l'hameçon ?

Updated: Nov 20, 2019


Chaque jour, notre quotidien personnel et professionnel nous invitent au stress. Dans ces cas là, nous adoptons -tous- des comportements subtils mais bien ancrés, qui confortent nos croyances et qui reflètent la façon dont nous nous percevons. Ces comportements vont altérer notre communication et inciter nos interlocuteurs à répondre en adoptant eux aussi des comportements de stress. In finé, incompréhensions, mésententes, conflits, et perte d’énergie sont au programme.

Alors comment ne pas mordre à l’hameçon et rester dans une communication bienveillante et lucide ?


Petite conversation entre collègues...


Lundi matin 8h45. Vous avez eu un weekend fatiguant et la semaine s’annonce chargée.

Un collègue passe une tête dans votre bureau :


- « Salut, excuse moi de te déranger, c’est lundi matin je sais… je ne prends pas plus de 5 minutes de ton temps promis, j’ai juste une petite question à propos de la réunion de cet après midi…. »


Il en était à « c’est lundi matin », que vous sentiez déjà l’agacement monter.


- « Oui, alors écoute, pour être honnête avec toi, franchement tu tombes mal »

- silence….

- « Ah, euh… oui bien sur, je comprends, je suis désolé, tu es débordée, mais en fait j’ai besoin de ces informations pour Big Boss »

- « Oui et bien Big Boss il va attendre. On ne peut pas fonctionner comme ça, à être dans la réaction en permanence, plutôt que dans l’anticipation des choses. »

- « Oui bien sur, bien sur, tu as raison, tu me fais signe quand tu as le temps ? »


Que s’est-il passé ? Il n’a fallu que quelques échanges pour que chacun de vous entrent en mécommunication, c’est à dire une communication où plus personne ne pense clairement, où chacun est enfermé dans son schéma.


Repassons-nous le film. Votre collègue est arrivé dans votre bureau en se faisant tout petit, sa posture (il passe à peine la porte), les mots employés disent : «  je ne suis pas assez bien pour toi». Il a une « petite » question, il pré-suppose qu’il vous « dérange », il tente d’occuper le moins d’espace possible en ne vous « prenant » que 5 minutes de votre temps. En analyse transactionnelle et en Process Communication on dirait qu’il est dans une position de vie :


« Je n’ai pas de valeur/ Tu as de la valeur » ( -/+)


L’ennui c’est que la mécommunication entraine plus de mécommunication. Vous avez répondu, poliment, mais fermement, sans entendre sa demande, qui peut-être aurait pu vous êtes utile. Vous insistez sur votre honnêteté, votre franchise ( le reste du temps vous mentez ?) et en répondant ainsi vous êtes dans la position de vie:


«  J’ai de la valeur/ Tu n’as pas de valeur » ( +/-)


Votre collègue continue alors de s’excuser (d’avoir une demande pourtant légitime), la mé-communication s’aggrave et vous finissez par monter sur vos grands chevaux ! Lui ne souhaitant qu’obtenir votre assentiment, il plie pour vous faire plaisir.


Vous ne savez toujours pas quelle était sa demande.


Conséquence de cet échange qui n’aura pas duré plus de 30 secondes, vous avez un sentiment diffus de culpabilité, d’énervement (contre qui, ce n’est pas clair…), vous vous dites que décidément Big Boss a perdu pied avec la réalité et qu'heureusement vous tenez ferme sur vos principes, il en faut bien quelques uns comme vous. Votre collègue lui repart en ayant validé son opinion sur lui même, il se blâme sans doute, s’inquiète probablement, de l’opinion que vous avez de lui, de la manière dont il va bien pouvoir obtenir les informations dont il a besoin.




Ne pas mordre à l'hameçon


Alors comment faire ?

1. Ne pas mordre à l’hameçon 

2. Refuser de valider la position de vie que prend votre collègue. Vous pouvez lui répondre « J’ai du temps et je sais que tu ne poses que des questions utiles, de quoi as-tu besoin ? » ou « Je manque de temps maintenant, mais je serai entièrement disponible pour toi à 10h ». Trouvez votre propre formulation, l’important est d’être authentique.

3. Prenez quelques secondes pour scanner votre humeur, vos émotions, ce dont vous auriez besoin pour passer cette journée au mieux.

- Aller boire un café avec un collègue sympa qui a toujours le sourire ;

- Organiser efficacement votre agenda de la semaine pour y voir plus clair et vous sentir en contrôle de votre temps ;

- Vous isoler pour réflechir au calme à un dossier compliqué ;

- Etc…



Autres situations, autres mécommunications


Sortant d'une réunion avec Big Boss, votre responsable hiérarchique vous interpelle (je suis certaine que vous remplirez aisément les blancs)

- « Pourquoi n’as tu pas –encore- rappelé ….. ?

- « Tu aurais dû….. »

- « Forcément, c’est ce qui se passe quand …. »


Votre responsable s’engage dans cet échange à partir d’une position « +/-».


Résultat ? Peut-être vous sentirez-vous diminuée, peut-être allez-vous vous mélanger les pédales en répondant, peut-être serez-vous sur la défensive et bien encline à répondre vertement.


Ca donnerait:


- « oui, alors, en fait.. attends que je me rappelle, oui c’est ça, j’ai laissé un message… »

- « J’aurai peut-être dû, mais il se trouve que j’étais coincée en réunion, comme d’habitude, je ne peux pas être partout et ce n’est pas mon job de déterminer les priorités…. »


Vous imaginez la suite ?


Alors comment faire ?


1. Ne pas mordre à l’hameçon.

2. Prenez quelques secondes pour auto-valider, vous rappeler votre engagement quotidien dans votre travail, vos efforts, votre volonté de bien faire, votre souhait de réussir.

3. Voici quelques exemples de réponses, mais ce ne sont que des exemples, encore une fois trouvez les mots qui sonnent justes pour vous, :

- « Je suis très engagée sur ce dossier, voilà le probleme que je rencontre, quels conseils aurais-tu à me donner ? »

- « Je travaille énormément sur ce dossier et sa réussite compte beaucoup pour moi, peut-on prévoir des réunions régulières de 30 minutes pour que j’anticipe mieux ? »



Quelques stratégies à expérimenter



Il est impossible de ne plus mécommuniquer du tout, mais il existe des stratégies :


- Offrir des paroles d’apaisement à quelqu’un chez qui vous repérez une position de vie qui n’est pas « J’ai de la valeur/ Tu as de la valeur », seule position qui permet de communiquer sereinement, sans masque. Vous offrez, il s’en saisit ou non, la suite ne vous appartient pas.


- Face à quelqu’un qui continue de mécommuniquer voire qui porte un masque (attaquant, geignard, blameur) optez pour la Méta-Communication, montrez que vous voyez ce qu’il se passe, y compris en utilisant l’humour.


- La mécommunication peut aussi s’apparenter à des jeux psychologiques, l’autre attend – souvent inconsciemment- de voir si vous allez y répondre. Le silence de quelques secondes peut être une stratégie efficace, donnant à chacun le temps de revoir son positionnement et de se retenir de mordre à l’hameçon. Rappelez-vous qu’il est impossible de ne pas commmuniquer, même votre silence est un message.


- S’engager dans une envie de mieux vous connaître, d’identifier ce qui vous met mal à l’aise, les situations difficiles pour vous, d’identifier quelle position de vie vous adoptez le plus souvent.


- Envisagez vos relations professionnelles et personnelles sur la base de ce postulat de départ « j’ai de la valeur, tu as de la valeur ».


A cet égard, les mots de Jérome Lefeuvre (dans le livre « s’entrainer à la pratique de la Process Communication au quotidien ») me semblent très justes:


« La bienveillance et la lucidité.

Un comportement rare et précieux. Entreprendre de pratiquer la Process Communication demande de prendre une décision forte : adopter quoiqu’il arrive une position Gagnant-Gagnant dans nos relations. Cela ne signifie pas naïvement de considérer que «  tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » mais de toujours aborder l’autre comme ayant autant de valeur que soi, même dans un conflit. Ce qui définirait simplement la bienveillance.

La lucidité, c’est la capacité à se souvenir que l’autre ne voit pas le monde selon les mêmes critères que soi et que ses enjeux sont différents des miens. Quelque soient ses enjeux, ils sont respectables.

Cette attitude de tolérance et de bienveillance systématique, il n’y a ni outils, ni méthodes pour la faire naître en soi. Elle vient de notre libre arbitre. C’est une décision. Et l’expérimenter, c’est l’adopter. »


Sophie Huot

Coach professionnelle ACC, certifiée Process Communication Model


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