OTHENTIK PORTRAITS

#1 - Emmanuelle Marshall - Novembre 2018

(English version below)

Emmanuelle Marshall est une femme dynamique, c’est un euphémisme ! Elle est passionnée par son métier et férue de sport ; à l’évidence une carrière professionnelle n’est pas passée loin. Elle est mariée et mère de deux garçons de 16 et 12 ans. Nous nous sommes rencontrées un jour pluvieux et sombre de Novembre, et j’en suis ressortie regonflée à bloc ! Nous avons parlé pendant deux heures de ses presque 25 ans de carrière, dont 18 ans chez Schlumberger, dans un métier et un monde très masculin : les plateformes pétrolières.

A 25 ans, fraichement sortie de son école d’ingénieur.e.s (UTC) et de l’Institut Français du Pétrole, elle est embauchée chez Schlumberger en tant qu’ingénieure terrain, et part en formation au Bruneï puis en Indonésie, en immersion totale sur le terrain. L’apprentissage se fait à la dure, elle est le plus souvent la seule femme parmi une équipe de 80 personnes. Mais elle apprend un métier qui la passionne, dans un environnement où personne, à de rares exceptions près, ne fait de différence entre les hommes et les femmes.

Elle n’aura de cesse d’ailleurs, de souligner combien, selon elle, Schlumberger pratiquait une inclusion de toutes les différences qui n’avait rien d’un affichage, bien au contraire. 

« Je voulais exercer un métier unique, technique et vivre des aventures ! »

 

 Othentik: Qu’avez-vous appris sur vous au cours de ces premières années ?

j'ai appris que ce métier n’était pas facile, mais je travaillais avec des équipes fabuleuses. J'ai appris le respect, que je dois aux autres et que les autres me doivent aussi, la valeur de l’excellence et la relation avec le client. J'ai travaillé comme une dingue pendant ces 5 années où j'étais ingénieure terrain mais dans un environnement vraiment stimulant, et une très bonne ambiance.

 

O: Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce métier ? Avez-vous hésité compte tenu de l’environnement très masculin ?

Pas du tout ! Je ne me suis jamais posée la question ! Le fait d'être une femme n’est jamais rentré dans l’équation. Je voulais exercer un métier unique, technique et vivre des aventures ! Biensûr, dans une carrière internationale, les différences liées à la culture, à la religion se font parfois sentir, mais finalement très rarement. J’avais surtout une grande ambition, pas pour moi d’ailleurs, mais pour mon équipe. Il fallait y arriver, quelles que soient les difficultés. Cela a été un vrai moteur pour moi.

O: Est-ce que l’exercice de votre métier a changé avec l’arrivée de vos enfants ?

Non ! A ce moment là, je ne suis plus sur le terrain, ce qui change beaucoup de choses. Je suis en charge d’un centre de formation aux Etats-Unis et c’est une de mes expériences les plus géniales ! Je forme les futur.e.s ingénieur.e.s de Schlumberger, je m’éclate, je manage 12 instructeurs de 12 nationalités différentes. Je travaille beaucoup, mais je suis libre ; je travaille un peu le soir mais pas tant que ça. C’est au retour en France que l’équilibre se rompt.

O: C’est à dire ?

Quand il fallait que je parte plus tôt pour des raisons familliales, je disais toujours à mon manager que je serai disponible plus tard dans la soirée. En disant et en faisant cela, j’ai permis qu’il n’y ait plus de limite à mon engagement professionnel. C’était devenu normal que je sois disponible très tard, tous les soirs. En parallèle, mon mari étant en rotation chez BP, je m’occupais beaucoup des enfants. Dès qu’ils étaient couchés, je me remettais au travail. A ce moment là, j’ai senti que l’équilibre était cassé.

O : Qu’est-ce qui se passe quand ça casse ?

Je ne suis pas en dépression mais c’est limite quand même. Mais surtout, je n’ai plus la motivation, j’ai envie de tout plaquer. Et de fait, je quitte Schlumberger pour aller chez BP, où j’ai appris à dire non, à protéger l’espace dont j’ai besoin. 

O: Avec le recul, que feriez-vous différemment ?

Je pense qu’il était possible de dire non dès le départ, de poser des limites, sans qu’il y ait de conséquence négative pour moi. Les résultats étaient là, c’est tout ce qui comptait.

La seule chose que pouvait me reprocher mon manager était de partir à 5h30, et alors ?? Cela-dit, il faut quand même être très forte pour imposer cela, le modèle veut que tout le monde soit à fond en permanence. C’était plus facile pour moi de modifier ma façon de faire, en changeant de société.

« Etre une femme pour moi n’a jamais été un sujet, je ne me suis jamais posée la question de savoir si cela me limitait, c’est peut-être ça la clé »

O: Pour maintenir un équilibre entre votre vie privée et votre vie professionnelle, quelles ont été les clés pour vous ?

Etre épanouie dans son job, y trouver des satisfactions, être passionnée, ça aide quand même, sinon à quoi bon ? On peut être à fond si on a le sourire, si on a plus le sourire, il faut partir. Et l’autre curseur, c’est de toujours vérifier que la famille va bien.

Par ailleurs, nous avons établi peu de règles à la maison, mais elles doivent être respectées. Nous partons au ski en famille, c’est important, et nous dînons ensemble le plus souvent possible. Mon mari et moi prenons toutes nos décisions relatives à nos carrières ensemble, et partageons équitablement tout ce qui relève de la vie familliale et du foyer.

O: A vous écouter, et c’est vraiment inspirant, vous donnez l’impression qu’être une femme n’a absolument pas influencé le cours de votre carrière, c’est juste ?

 

 

Oui, être une femme pour moi n’a jamais été un sujet, je ne me suis jamais posée la question de savoir si cela me limitait, c’est peut-être ça la clé. Le sport et la compétition m’ont aidés, j’ai toujours été entourée d’amis. J’ai aussi, c’est vrai, une résistance au stress importante, j’ai appris à supporter la pression, très tôt, dès les premières années sur le terrain.

 

 

O: comment faites-vous pour supporter le stress ?

 

Ca va peut-être vous sembler étrange mais être perfectionniste m’aide beaucoup !

 

 

O: Effectivement, le perfectionnisme est plutôt perçu comme une source de stress, qui mène au micro-management, voire au burn-out !

 

Dans mon cas, pas du tout ! Vouloir à tout prix que ça marche, et que ça marche parfaitement m’aide à accepter mon stress. C’est comme ça, il faut que les installations fonctionnent quoi qu’il arrive. Je n’ai pas le choix, alors j’y vais ! Ca ne veut pas dire que c’est facile, ou que je suis totalement détendue pour autant évidemment!

 

O: Avez-vous un mantra, une phrase qui vous a accompagné ?

 

Oui, c’est peut-être tout bête, mais au travail ma phrase c’est toujours « ça va le faire ». On vient me voir avec un problème, on discute, on trouve des solutions, et « ça va le faire ».

Dans ma vie en général, c’est « always get things right the first fime ». On gagne beaucoup de temps.

 

O: Merci beaucoup Emmanuelle !

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Si vous voulez raconter votre expérience, votre parcours, comment vous avez navigué dans un environnement où les femmes n’étaient pas attendues, contactez-moi !

#1 - Emmanuelle Marshall - November 2018

Emmanuelle Marshall is a dynamic person! It's an understatement to say that! She is passionate about her job, and about sports too;  clearly, a professional sportive career was reachable for her. She is married, and the mother of two boys, 16 and 12 years old. We met on a rainy and dark November day, but I went out of this interview fully refilled with energy. We talked during almost two hours, about her 25-year career, including 18 years at Schlumberger, in a man's job, and a man's world: oil rigs.

 

She's 25 years old when she graduates from her French engineering school, and the IFP school, she is hired by Schlumberger as a field engineer and starts her training in Bruneï then Indonesia, a full immersion in the field operations. The learning can be harsh, she is most of the time the only woman amongst a team counting 80 people. But she learns a job she's passionate about, in a work environment where no one makes a difference between a man and a woman, with a very few exceptions.

She will continuously stress the fact that, in her opinion, Schlumberger had an inclusive policy in regards to all diversities, which was not a smoke screen.

 

« I wanted my job to be unique, technical and adventurous! »

 Othentik: what did you learn about yourself during these first years ?

 

I learned that the job was really not easy, but I worked with fabulous teams. I learned respect, the one I owe to others, and the one others owe me. I learned the value of excellence and the customer relationship. I worked like crazy during 5 years as a field engineer but in a very stimulating environment and a very fun atmosphere.

 

 

O: What lead you to this job? Did you have some doubts considering this male working environment?

 

Not at all! I have never asked myself this question! Being a woman has never been part of my thinking regarding my career. I wanted my job to be unique, technical, and adventurous! Of course in an international career, there were some moments where I felt the cultural or religious differences, but actually only a very few times. Above all, I had a massive ambition, not for me, but for my team. We had to succeed, whatever may be the problems. It was a deep driver for me. 

O: Did the situation change when you became a mother?

 

No! At that time, I'm not a field engineer anymore, and it changes everything. I'm in charge of a training center in The United States, and it is definitely one of my best experience! I train the future Schlumberger's engineers, I have a blast! I manage 12 trainers from 12 different nationalities. I work hard, but I'm free. Sometimes, I have to work in the evening, but not too often. The balance breaks when I come back to France.

 

 

O: What happened?

 

When I had to leave work earlier for family reasons, I was always saying to my manager that I would be available later in the evening. By saying that, I authorized others to consider that I was always available, to be seen as someone with no limits to its work commitment. It had become normal that I could work late every evening. At the same time, my husband was working on rotation for BP, so I was taking care a lot of my children. As soon as they were in bed, I was starting again to work. It was too much, the balance broke.

 

 

O: What are the consequences when your balance is broken?

 

 

I'm not in a depression, but not so far from it. But mostly, I lose my motivation, I just want to quit. And this is what I did. I left Schlumberger for BP, where I learned to say no and to protect the private space I need. 

 

 

O: Looking back, what would you do differently?

 

 

I think I could have said no from the very beginning, set up limits, without any negative consequence for me. My performance was good, this is all that mattered.

 

The only thing my manager could have blamed me with was to leave work at 5:30 pm, so what?? Saying that, It takes courage though to stand for that, to resist a model that required everyone to be at its best all the time. It was easier for me to change my behavior in another company. 

 

« Being a woman has never been a matter to consider, I have never asked myself if it was something limiting, that's maybe it, the key to the problem.»

O: To find your work-life balance, what are your solutions?

 

Loving my job, being passionate, feeling satisfied, It helps a lot!! Otherwise, what's the point?? You can work hard as long as you go to work with a smile on your face. If the smile fades away, it's time to leave 

And the other paramount element, it's to check on a regular basis, that the family is ok.

Furthermore, we only have a few rules at home but they have to be followed, We go skiing as a family and we have family dinners as often as we can. My husband and I, we make all of our decisions that impact our professional and personal life together, and we share equally everything related to the family or the household.

 

O: Listening to you, and it's inspiring, it looks like being a woman has never influenced the course of your career, is that true?

 

 

Yes, being a woman has never been a matter to consider, I have never asked myself if it was something limiting, that's maybe it, the key to the problem. Sport and competition helped me, I have always been surrounded by boys, and I have to say that I have a good resistance to stress, I have learned to endure the pressure very soon in my career. 

 

 

O: How do you resist the pressure?

 

It may sound strange, but being a perfectionist helps me a lot! 

 

 

O: Indeed! perfectionism is mostly seen as a source of stress, micromanagement, and even burn-out! 

 

Not for me! Willing, at all costs, it works, and works perfectly helps me to accept my stress. It is just the way it is, the operations have to be a success, whatever may happen. I don't have the choice, so I go for it! It doesn't mean it is easy, or that I'm free of stress though.

 

O: Do you have a mantra, a sentence that followed you all these years ?

 

yes, it may sound silly, but at work I always say « It is going to make it ». people come to see me with an issue, we talk, we find solutions, and "it's going to make it".

In life in general, my mantra would be «  always get things right the first fime ». It saves a lot of time!

 

O: Thank you so much Emmanuelle !

 

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